Marche contre Monsanto 2016

Samedi 21 mai 800 personnes se sont rassemblées à Lyon pour défiler contre Monsanto, Bayer et autres. Cette 4e édition de la marche contre Monsanto s’est déroulée à travers le monde entier, et près de 500 villes y ont participé (plus d’infos ici).

Vous trouverez à la fin de l’article les photos que j’ai faites à cette occasion. Mais avant, je voulais vous parler un peu de Monsanto et de pourquoi je suis allée marcher ce jour là (enfin marcher à l’envers, rapport aux photos). Surtout que c’était une journée bien remplie puisqu’en parallèle il y avait le Marathon de GreenPeace (rapport au Thon Petit Navire, pas à la course à pied, bien que j’ai beaucoup couru ce jour là, toujours rapport aux photos – vous me suivez ?).

Je vous ai déjà parlé de Jane Goodall et de son livre « Graines d’espoir, sagesse et merveilles du monde des plantes », livre que je vous conseille vivement. Il est extrêmement intéressant et pas rébarbatif du tout.

Si l’amélioration génétique des plantes existe depuis plusieurs siècles, les OGM ont été inventés dans les années 70 et sont prévus à l’origine pour : lutter contre les maladies, être plus résistants face aux aléas climatiques et multiplier leur rendement de façon considérable, afin, par exemple de nourrir les 10 milliards d’humains prévus en 2050.

D’après l’Organisation des Nations-Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture (Food and Agriculture Organization, FAO), 805 millions de personnes ont souffert de sous-alimentation chronique entre 2012 et 2014, mais, toujours d’après le FAO, les ressources alimentaires sur la planète sont suffisantes pour nourrir 12 milliards d’êtres humains. En effet « Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une question de quantité, mais d’accès et d’inégalité. Ne nous trompons pas de problème !», précise Nicolas Bricas, socio-économiste de l’alimentation au Cirad.

Gérer en circuit court, respecter les saisons et les variétés, arrêter de faire pousser des tomates toute l’année, respecter une agriculture raisonnée pour ne pas épuiser la terre, rotations des cultures, biodiversité, améliorer la distribution, éviter le gaspillage…

Encore ce matin j’ai jeté 2 packs de saucisses, le reste d’un barbecue.

barbeucue(j’ai des problèmes de scanner alors désolée pour la qualité…)

Bref il y a beaucoup à faire avant de compter sur les OGM pour sauver le monde.

aubergine ogm

Surtout que les OGM sont principalement utilisés pour nourrir le bétail (qui nous nourrit nous, certes), pour fabriquer des vêtements (coucou le coton), ou encore du bio carburant. Je mets aussi dans ce panier l’agriculture intensive.
Sachant que la culture du maïs sert principalement à nourrir le bétail, et non les hommes :

– alors sachant que notre consommation de viande en France est de 86 kg par an et par habitant,
– que pour produire un kilo de viande de bœuf on consomme, à la louche 15 000 litres d’eau, en combien de temps la baignoire peut-elle faire un Paris – Lyon en cas d’inondation ?

Et une vache ne se nourrit pas uniquement d’amour et d’eau fraiche, il faut aussi compter 12 kilos de céréales pour un kilo de bœuf.
Du coup on rase les forets (coucou Bolloré ) et on implante une mono culture qui épuisera le sol avant d’aller voir ailleurs de nouveau pour tout recommencer.

En gros on peut schématiser comme ceci :

monoculture

Ce comportement me rend dingue, on adore rajouter des données à un problème au lieu de se pencher sur l’origine et la cause.

medecin

Bref, pour en revenir à nos moutons :

mouton

En Inde, l’utilisation de pesticides chimiques dans la culture du coton à été multiplié par 13 depuis qu’est utilisé le coton BT, labellisé Monsanto. Et voici un article du Canard Enchainé, a propos de la mono culture de banane et des pesticides… Un article issu du n° 4971 du 3 février 2016 : à lire ici. Cet article m’avait beaucoup marqué, et je suis heureuse d’avoir pu vous le retrouver.

Les OGM sont prévus pour résister aux nuisibles et ils ont donc des gènes modifiés qui empoisonnent les indésirables leurs mâchouillant la feuille. Mais bon du coup au niveau sélection c’est pas top et ça décime les gentils au passage (abeilles, coccinelles…). Et comme si cela ne suffisait pas, les nuisibles s’adaptent et mâchouillent de nouveau sans se faire embêter et deviennent plus gourmands… (et oui la transformation en super-insecte, ça creuse !). Du coup on asperge de pesticides tout ce petit monde, un pesticide auquel résistent les plantes OGM, mais comme les super-insectes résistent aussi, on augmente la force des pesticides, mais du coup les super-insectes s’adaptent encore etc…
Vous le voyez là le cercle ? La course à la toxicité ?
Car en attendant ceux qui ne s’adaptent pas sont le sol, la terre et nous …
Le même schéma se répète aussi avec les mauvaises herbes, certaines sont devenues si résistantes qu’elles abiment les machines agricoles lors des récoltes et se dispersent à toute vitesse, grâce au vent, à la pluie, aux oiseaux…

Parce que contrairement au nuage de Tchernobyl, qui s’est bien arrêté à nos frontières, les OGM eux, se dispersent et colonisent les cultures environnantes.

graine parachute

Alfalfa (luzerne), maïs, soja, colza, betterave, ces 5 végétaux sont estampillés « roundup ready » par Monsanto, c’est à dire qu’ils supportent un arrosage massif du désherbant le plus connu au monde le roundup.

Il y a 35 sortes de mauvaise herbes « mutantes » résistantes au roundup, qui sont répertoriés actuellement (contre 24 en 2013).
Il y a donc bien plus de mauvaises herbes mutantes que de plantes spécialement créées pour ça.

Le roundup, créé par Monsanto au début des année 70, est tombé dans le domaine public en 2000. Cet herbicide non sélectif, à base de glyphosate, est le plus vendu au monde et a été classé en 2015 comme potentiellement cancérigène par le CIRC, Centre international de recherche sur le cancer.

C’est ce fameux glyphosate qui se retrouve dans notre alimentation (peut importe si l’on mange exclusivement bio), voir cet article du Monde, quand des députés Européens traquent le glyphosate dans leurs urines.

Actuellement la bataille se poursuit pour savoir si l’on peut réautoriser le glyphosate en Europe ou non, les parlementaires ne parvenant pas à se mettre d’accord, le vote est sans cesse repoussé.
Les études sur la toxicité ou non des OGM et des pesticides se succèdent et la partialité de certaines est plus que controversée.
Pourtant comment avoir envie de manger des légumes ou des céréales modifiés génétiquement, arrosés de produits chimiques, quelles qualités nutritives, quels bénéfices pour la santé …? Quand on sait qu’une pomme reçoit 36 traitements chimiques (selon l’INRA L’Institut national de la recherche agronomique), mauvais ou pas pour la santé, ça ne donne pas du tout envie d’y croquer.

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Pour revenir au glyphosate, comme de nombreuses mauvaises herbes se sont adaptées et y sont devenues résistantes, place au 2,4 D un herbicide, sélectif cette fois ci. Ce nom vous est familier ? Il était utilisé pendant la guerre du Vietnam (le napalm ça vous parle ?) et est remis au gout du jour par Dow et Monsanto pour lutter plus efficacement contre les mauvaises herbes.

Dans cette guerre des OGM et des produits chimiques, certains maudissent les « lobbies bio », et les accusent de mettre des bâtons dans les roues de Monsanto, Bayer, Dow… mais quant on voit la puissance, la taille, l’omniprésence, le poids financier de ces géants de l’industrie, je ne suis pas sur de savoir qui fait pression sur qui… Par exemple Dow est présent dans des domaines nombreux et très variés :
Agriculture
Construction
Électronique et télécommunications
Énergie
Ameublement, textiles, non-tissés, cuir, élastomères pour chaussures, articles ménagers, arts graphiques, sports et loisirs
Santé et médical
Produits industriels
Spécialités industrielles
Infrastructures
Nutrition
Pétrole et gaz
Emballage
Hygiène, cosmétique et détergence
Purification, séparation et traitement de l’eau
Transports

Il y a d’ailleurs en « une » sur la partie agriculture de leur site web un article : « les pesticides sont partout, même dans l’agriculture biologique » ah bon bein du coup on continue ?
En précisant qu’il ne faut pas avoir peur des long mots compliqués, et que les ingrédients présents dans leurs pesticides sont naturellement présents dans les pommes.

heu

Tout ça pour vous parler de la marche contre Monsanto du 21 mai. 😉
Attention je n’essaye pas de démoraliser qui que se soit, pensons plutôt à David contre Goliath, a-t-il baissé les bras ?

Place aux photos ! (garanties sans pesticides).

J’avais prévu tout un speech sur la photo de manif, mais bon ce sera pour une autre fois, avec la tartine que vous venez de lire, je pense que vous m’en saurez gré !

cliquez pour voir en grand !

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selfie post apocalypse ?

 

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Ma photo préférée, impossible de choisir un cadrage… même en couleur elle claque non ?

 

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2017-05-23T08:17:45+00:00 juin 3rd, 2016|2 Comments

2 Comments

  1. Cécile P. 7 juin 2016 at 13 h 55 min - Reply

    Article très intéressant et magnifiques photos !! Merci de partager ton engagement. J’aime bien la tendance écolo que prend ton blog 🙂 ça me parle plus que les chiens, même si ton chien est très beau !! Et sinon je suggère à Greenpeace d’ouvrir une antenne à Mâcon !!

    • UnPeuPlusLoin 7 juin 2016 at 15 h 52 min - Reply

      Ahah merci Cécile ! Il y aura toujours du chien c’est sur, mais la diversification ça a du bon je te l’accorde 🙂

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